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lundi, 11 juin 2007

Un blog est-il une bonne idée pour la classe de FLE ?

Clavier

A peine m'étais-je enthousiasmé dans un précédent billet pour l'utilisation des blogs en classe de FLE, que déjà une amicale commentatrice me rappelle à la réalité, en évoquant ses difficultés à faire vivre les blogs de ses élèves sur le long terme.

Il me semble donc nécessaire d'approfondir la notion de « dispositif pédagogique d'écriture » avant de se lancer dans l'aventure avec ses élèves. Autrement dit, les questions à se poser sont globalement les mêmes que pour la ligne éditoriale, à ceci près que les réponses sont orientées vers les auteurs (les élèves) plus que vers les lecteurs, et influencées par des objectifs pédagogiques.

 Pour définir ce dispositif, voici quelques unes des questions à se poser :

  • Pour qui devront écrire les élèves ? Pour eux, pour le professeur, pour la classe, pour les parents, pour une classe jumelée de francophones ?
  • Pourquoi écriront-ils ? Pour partager, pour s'entraîner, pour argumenter, pour s'amuser, pour créer, pour échanger des informations, pour être noté ?
  • A quel rythme les faire écrire ? le temps d'un exercice, d'une activité, d'un projet, d'une année scolaire ?
  • Quel outil, quel support utiliser ? Un traitement de texte, un wiki, un blog d'une autre personne, un blog de classe, un blog personnel, un site français avec commentaires, un forum spécialisé ?

Comme on le voit, les configurations sont multiples, l'important est d'identifier celle qui convient le mieux à son projet pédagogique. Si on travaille sur le thème du cinéma, peut-être est-il plus pertinent de proposer à ses élèves de publier un commentaire d'un film francophone qu'ils ont aimé (le dernier Taxi par exemple) sur le site allociné... et de passer à autre chose.

Si on souhaite absolument utiliser un blog, on peut le faire le temps d'une activité, par exemple sur le thème de la jeunesse française. Après une découverte accompagnée des blogs d'adolescents français sur le site skyblog (attention, il y'a beaucoup de déchets...) et des exercices d'appropriation de la leçon, on peut proposer à la classe d'ouvrir son propre skyblog (un seul pour toute la classe, afin d'éviter la dispersion). Les élèves devront réutiliser les éléments appris en cours pour y publier quelques billets, à la manière des ados français, sur leur chanteur préféré, le film qu'ils ont adoré, leurs dernières vacances, etc. La durée de vie de ce blog sera de quelques semaines au maximum, puis il sera abandonné... mais les objectifs pédagogiques auront été remplis.

D'autres pistes d'exploitation d'un blog à plus long terme sont possibles, mais demandent une plus grande préparation de la part du professeur. Dans le cadre d'un entraînement à l'argumentation (pour le Dalf notamment), celui-ci peut créer un blog où il poste régulièrement un sujet à partir duquel les étudiants doivent débattre dans les commentaires. Ces commentaires peuvent ensuite être évalués et faire l'objet d'une notation...

Comme on le voit, la durée de vie d'un blog scolaire est proportionnelle au degré d'investissement du professeur, qui doit régulièrement donner à ses élèves des tâches d'écriture précises à réaliser, les inclure dans le cadre de son cours, les évaluer, les corriger, les noter parfois.

L'important est donc de se fixer des objectifs atteignables, et de tirer profit des potentialités de la publication sur Internet, quitte à détourner les outils de leur fonctionnement traditionnel. Après tout, le détournement n'est-il pas une seconde nature chez le professeur de FLE ?


lundi, 4 juin 2007

Écrire dans un blog avec les élèves

Le webmestre pédagogique

J'ai découvert aujourd'hui un excellent article de Sylvain St-Jean, enseignant dans une école de Montréal. Sur son blog personnel, il montre en quoi écrire sur un blog peut être plus simple pour des élèves que d'écrire sur du papier, et donne des conseils pratiques pour mettre en place cette activité. En voici un extrait :

Premièrement, à l'ordinateur, le brouillon est le propre et le propre est le brouillon. On ne s'inquiète de rien : on laisse aller son inspiration. Tout peut être structuré après le premier jet sans avoir à recommencer si la structure est incompréhensible. [...]

Deuxièmement, le brouillon devient le propre aussitôt les corrections terminées. On peut ajouter ou enlever des lettres ou des mots sans tacher sa feuille avec une gomme à effacer. Vous voulez insérer un mot dans une phrase, enfantin ! Il est aussi très facile de déplacer tout un paragraphe à la fin d'un texte sans avoir à ne rien retranscrire.[...]

Troisièmement, le blog apporte une autre dimension à l'écriture, il lui donne une signification d'être. Les élèves ne remplissent pas simplement une feuille de papier qui sera raturée, recopiée, évaluée et oubliée dans un cartable. Ils écrivent à quelqu'un. Ils écrivent pour être lus, pour s'expliquer, pour demander ou pour répondre à une question. C'est tout simple mais c'est ce puissant moteur qui les motive à écrire.

Ce qu'il dit de l'apprentissage du français comme langue maternelle me semble s'appliquer pleinement à l'enseignement du français langue étrangère.

Tout d'abord, les possibilités de correction et de transformation offertes par les outils de traitement de texte (Word) permettent à la fois de se libérer de la rature et du brouillon, mais aussi de manipuler aisément des parties entières de texte. Dans le cadre d'un travail argumentatif par exemple (suivez mon regard...), on peut proposer aux étudiants de travailler la cohérence et la cohésion de leur essai sur Word : dans quel ordre placer et enchaîner les arguments, comment organiser ses idées, quels mots utiliser pour les relier, etc. La matière textuelle devient ainsi aisément modelable, et peut être soumise plus facilement à l'expérimentation.

Mais j'aime surtout ce qu'il dit de l'écriture motivée, inscrite dans un échange authentique. Le blog peut être un outil formidable pour faire en sorte que les élèves n'écrivent pas uniquement "parce que le prof a demandé", mais "pour communiquer avec quelqu'un", qu'ils perçoivent le français non comme un immense exercice de grammaire, mais comme une langue vivante et utile, qui permet de faire des choses excitantes et neuves.

Quelques paramètres à prendre en compte tout de même, pour se lancer sereinement dans l'aventure :

  • l'équipement informatique, facilement accessible, si possible dans la classe même,
  • l'éducation aux nouvelles technologies, qui doit être transversale : dans la mesure où cet enseignement ne fait l'objet d'aucun cours spécifique dans les écoles et gymnases, les professeurs des différentes matières devraient pouvoir se concerter pour développer ces compétences chez leurs élèves autour de projets communs,
  • Le dispositif de communication : on a beau vouloir communiquer, encore faut-il qu'il y ait du répondant. Une bonne solution à ce problème peut être la mise en place d'un échange scolaire entre une classe russe et une classe francophone (et pas forcément française...). Là aussi des projets sont à inventer !

Et vous, avez-vous des idées ?