Le webmestre pédagogique

J'ai découvert aujourd'hui un excellent article de Sylvain St-Jean, enseignant dans une école de Montréal. Sur son blog personnel, il montre en quoi écrire sur un blog peut être plus simple pour des élèves que d'écrire sur du papier, et donne des conseils pratiques pour mettre en place cette activité. En voici un extrait :

Premièrement, à l'ordinateur, le brouillon est le propre et le propre est le brouillon. On ne s'inquiète de rien : on laisse aller son inspiration. Tout peut être structuré après le premier jet sans avoir à recommencer si la structure est incompréhensible. [...]

Deuxièmement, le brouillon devient le propre aussitôt les corrections terminées. On peut ajouter ou enlever des lettres ou des mots sans tacher sa feuille avec une gomme à effacer. Vous voulez insérer un mot dans une phrase, enfantin ! Il est aussi très facile de déplacer tout un paragraphe à la fin d'un texte sans avoir à ne rien retranscrire.[...]

Troisièmement, le blog apporte une autre dimension à l'écriture, il lui donne une signification d'être. Les élèves ne remplissent pas simplement une feuille de papier qui sera raturée, recopiée, évaluée et oubliée dans un cartable. Ils écrivent à quelqu'un. Ils écrivent pour être lus, pour s'expliquer, pour demander ou pour répondre à une question. C'est tout simple mais c'est ce puissant moteur qui les motive à écrire.

Ce qu'il dit de l'apprentissage du français comme langue maternelle me semble s'appliquer pleinement à l'enseignement du français langue étrangère.

Tout d'abord, les possibilités de correction et de transformation offertes par les outils de traitement de texte (Word) permettent à la fois de se libérer de la rature et du brouillon, mais aussi de manipuler aisément des parties entières de texte. Dans le cadre d'un travail argumentatif par exemple (suivez mon regard...), on peut proposer aux étudiants de travailler la cohérence et la cohésion de leur essai sur Word : dans quel ordre placer et enchaîner les arguments, comment organiser ses idées, quels mots utiliser pour les relier, etc. La matière textuelle devient ainsi aisément modelable, et peut être soumise plus facilement à l'expérimentation.

Mais j'aime surtout ce qu'il dit de l'écriture motivée, inscrite dans un échange authentique. Le blog peut être un outil formidable pour faire en sorte que les élèves n'écrivent pas uniquement "parce que le prof a demandé", mais "pour communiquer avec quelqu'un", qu'ils perçoivent le français non comme un immense exercice de grammaire, mais comme une langue vivante et utile, qui permet de faire des choses excitantes et neuves.

Quelques paramètres à prendre en compte tout de même, pour se lancer sereinement dans l'aventure :

  • l'équipement informatique, facilement accessible, si possible dans la classe même,
  • l'éducation aux nouvelles technologies, qui doit être transversale : dans la mesure où cet enseignement ne fait l'objet d'aucun cours spécifique dans les écoles et gymnases, les professeurs des différentes matières devraient pouvoir se concerter pour développer ces compétences chez leurs élèves autour de projets communs,
  • Le dispositif de communication : on a beau vouloir communiquer, encore faut-il qu'il y ait du répondant. Une bonne solution à ce problème peut être la mise en place d'un échange scolaire entre une classe russe et une classe francophone (et pas forcément française...). Là aussi des projets sont à inventer !

Et vous, avez-vous des idées ?